
Essais dans le golfe du Bengale : NOTAM indiens, composante maritime de la dissuasion et confrontation stratégique avec la Chine
La série de NOTAM publiés par l’Inde au-dessus du golfe du Bengale pour la période du 22 au 24 décembre 2025 dépasse largement le cadre de simples mesures de sécurité de la navigation. La géométrie de la zone restreinte, sa longueur — estimée entre environ 3 240 et 3 550 km — ainsi que les ajustements répétés du calendrier et de la configuration, indiquent une préparation à un essai de missile stratégique de longue portée d’origine maritime. Sur fond d’activité parallèle de navires océanographiques chinois, cet épisode prend la forme d’une interaction stratégique et de renseignement, plutôt que celle d’un événement technique isolé.
Dans la pratique indienne, les NOTAM liés aux essais de missiles ne servent pas uniquement de notifications formelles à l’aviation civile et au trafic maritime, mais aussi d’indicateurs publics de préparation. Dans ce cas précis, trois paramètres sont déterminants :
Pris ensemble, ces éléments suggèrent que les NOTAM n’ont pas constitué un simple avertissement ponctuel, mais un élément dynamique d’une opération plus large, dans laquelle la notification elle-même devient partie intégrante de l’interaction avec des observateurs extérieurs.
L’hypothèse analytique la plus fréquemment avancée concerne un possible essai du missile balistique mer-sol K-4 (SLBM), développé par l’Organisation indienne pour la recherche et le développement de la défense (DRDO). Cette évaluation repose sur la convergence de plusieurs facteurs plutôt que sur un indicateur isolé :
Il convient de souligner que l’absence de confirmation officielle ne réfute pas l’hypothèse K-4, mais n’exclut pas non plus d’autres scénarios, tels que l’essai d’un autre système de longue portée ou d’éléments de l’infrastructure de lancement maritime.
Un élément majeur de l’épisode de décembre réside dans la présence, dans la région, de plusieurs navires chinois de recherche et de prospection, parmi lesquels Lan Hai 101, Shi Yan 6, Shen Hai Yi Hao et Lan Hai 201. Officiellement engagées dans des missions scientifiques, ces plateformes sont largement perçues, dans les cercles analytiques indiens et occidentaux, comme des actifs à double usage.
Dans le contexte d’essais de missiles, leur valeur potentielle tient à leur capacité à :
Même en l’absence d’accès direct à la télémétrie, ces informations, accumulées dans le temps, améliorent la précision des évaluations des capacités adverses.
Les reports répétés et la réémission des NOTAM en décembre ont conduit à l’interprétation d’une stratégie délibérée d’incertitude maîtrisée. Dans ce cadre, les notifications remplissent plusieurs fonctions :
De telles pratiques sont caractéristiques des États qui renforcent la composante maritime de leur dissuasion stratégique et cherchent à limiter les fuites d’information durant les phases critiques de développement et de validation.
L’épisode du golfe du Bengale s’inscrit dans une dynamique régionale plus large :
Dans un tel environnement, même un essai technique acquiert inévitablement une portée politique et militaire.
Faits établis :
Hypothèses analytiques :
Les NOTAM de décembre au-dessus du golfe du Bengale doivent être interprétés non comme un événement technique isolé, mais comme un fragment d’interaction stratégique, dans lequel essais, collecte de renseignement et signalisation des capacités sont étroitement imbriqués. Indépendamment du fait qu’un lancement ait effectivement eu lieu durant la fenêtre annoncée, le scénario reflète l’intensification de la compétition dans l’océan Indien et l’évolution vers des formes plus sophistiquées de signalisation et de contre-renseignement entre puissances régionales.
Chatham House
India Today
South China Morning Post
Mathrubhumi
The Tribune India
Naval Technology
The Economic Times

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