
Manifestations en Iran : ce que l’on sait
De vastes manifestations se poursuivent en Iran, ayant débuté comme des protestations à caractère socio-économique avant de prendre rapidement une dimension politique plus large. Le déclencheur immédiat a été une détérioration brutale de la situation économique, marquée par l’effondrement de la monnaie nationale, une inflation accélérée et une forte hausse des prix des biens de première nécessité. En l’espace de quelques jours, la contestation a dépassé le cadre local pour s’étendre à l’ensemble du pays.
Les premiers signes de mobilisation ont été observés à Téhéran, où des commerçants des grands bazars et des zones commerciales ont lancé des grèves pour dénoncer la dévaluation rapide du rial iranien et la perte du pouvoir d’achat. Des étudiants, des jeunes actifs et des représentants des classes moyennes urbaines ont rapidement rejoint le mouvement. Les rassemblements se sont ensuite propagés à des villes majeures telles qu’Ispahan, Chiraz, Machhad, Tabriz, Kermanchah et Ahvaz, ainsi qu’à de nombreux centres provinciaux.
Selon des données recueillies par des organisations de défense des droits humains et des groupes de surveillance, des actions de protestation ont été recensées dans des dizaines de villes et dans des centaines de localités à travers le pays. Les manifestants ont bloqué des axes routiers, organisé des rassemblements spontanés et mené des actions nocturnes. Si les revendications initiales portaient essentiellement sur les difficultés économiques, les slogans ont progressivement pris un caractère politique, visant directement les plus hautes autorités du pays, y compris le guide suprême Ali Khamenei.
À mesure que le mouvement s’étendait, les affrontements entre manifestants et forces de sécurité se sont intensifiés. Des informations font état de l’usage de moyens antiémeute, d’arrestations massives et, dans certains cas, de tirs à balles réelles. Des organisations de défense des droits humains évoquent des dizaines de morts, des centaines de blessés et un nombre élevé de personnes interpellées. Une attention particulière a été portée aux signalements faisant état de la mort de mineurs, ce qui a accru l’émotion et les réactions tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger.
Les autorités iraniennes ont adopté une ligne dure face aux événements. Les institutions judiciaires et sécuritaires ont déclaré qu’elles ne toléreraient pas ce qu’elles qualifient d’émeutes et d’actions anti-étatiques, affirmant leur détermination à empêcher toute déstabilisation. Les déclarations officielles accusent régulièrement des acteurs extérieurs d’alimenter les troubles, en pointant du doigt les États-Unis, Israël et certains médias basés à l’étranger. Ces accusations s’inscrivent dans un discours plus large sur la défense de la souveraineté nationale et de la sécurité intérieure.
Dans le même temps, le guide suprême Ali Khamenei est intervenu publiquement en mettant en garde contre des forces hostiles cherchant à affaiblir la République islamique, tout en reconnaissant l’existence de difficultés économiques réelles pour une partie de la population. Les médias iraniens ont rapporté la tenue de réunions d’urgence du Conseil suprême de la sécurité nationale, consacrées à l’examen de mesures visant à contenir les troubles et à éviter une nouvelle escalade.
Le contexte économique demeure l’un des principaux facteurs de la contestation. Le rial iranien a atteint des niveaux historiquement bas, l’inflation est estimée par diverses sources à près de 50 %, et l’augmentation des prix des denrées alimentaires, du carburant et des services publics pèse lourdement sur les ménages les plus modestes. À ces difficultés s’ajoutent des pénuries et des perturbations dans l’approvisionnement en électricité, en eau et en carburant dans plusieurs régions, renforçant le sentiment d’une crise systémique profonde.
Les événements en Iran ont suscité un large écho sur la scène internationale. Plusieurs gouvernements et organisations occidentales ont appelé les autorités iraniennes à faire preuve de retenue et à respecter les droits fondamentaux. Parallèlement, Téhéran a saisi des instances internationales pour dénoncer ce qu’il considère comme des ingérences extérieures et des pressions politiques. Certaines déclarations de responsables étrangers, perçues en Iran comme des menaces, ont contribué à accentuer les tensions.
Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la diffusion d’images et d’informations liées aux manifestations, avec de nombreuses vidéos circulant en ligne. La vérification indépendante de ces contenus reste toutefois difficile en raison des restrictions sur l’accès à Internet et de la présence limitée de journalistes étrangers dans le pays. Des analystes soulignent que l’espace informationnel autour des protestations est fortement polarisé et façonné par des narratifs concurrents.
Dans l’ensemble, les manifestations en Iran traduisent une combinaison de crise économique, de frustrations sociales accumulées et de tensions politiques non résolues. Malgré la fermeté affichée par les autorités, la mobilisation se poursuit et l’évolution de la situation demeure incertaine. Les observateurs estiment que la suite des événements dépendra de la capacité du pouvoir à répondre aux revendications économiques et sociales, ainsi que de l’ampleur et de la nature de la réponse sécuritaire face à la contestation en cours.

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